À prime abord, l’être humain ne veut pas mentir. On le fait, tout le monde le fait, et souvent. Nous avons tous et toutes des choses que l’on veut garder pour soi, des choses que l’on ne veut pas dévoiler sur la place publique. Mais de la même façon que notre corps peut parfois trahir nos mots par une gestuelle véridique, le choix des mots que l’on utilise est bien souvent un signe de la vérité. Je m’explique.
Vous rencontrez pour la première fois la nouvelle flamme d’un ami. Bien qu’il semble y avoir une belle complicité entre les deux, sa personnalité vous irrite. Vous n’avez pas d’atomes crochus avec elle. Votre ami vous demande le lendemain comment vous l’avez trouvé et à la question ” l’as-tu trouvé sympathique?”, vous répondez: “vous semblez bien vous entendre”. Vous ne répondez pas à la question. La question n’était pas de savoir s’il y avait une chimie entre eux, la question était si vous l’avez trouvé sympathique. C’est une question à laquelle vous ne pouvez pas répondre oui, et donc, pour ne pas vexer votre ami, vous répondez une vérité, c’est-à -dire qu’ils semblaient bien s’entendre. Vous ne voulez pas mentir et donc votre réponse n’est pas non plus “elle était sympathique”. Vous choisissez plutôt de donner une réponse véridique, qui donne l’illusion de répondre à la question.
Les gens optent pour de telles réponses tout le temps. Vous demandez à quelqu’un “as-tu pris le dernier morceau de gâteau dans le frigo?” et la personne répond “je ne ferais pas ça”. Elle n’a pas dit qu’elle n’avait pas pris le morceau de gâteau. On fait tous des choses qu’on ne devrait pas faire, ou qu’on ne ferait pas d’habitude. Une réponse plus affirmative, et donc probablement plus véridique, aurait été “Non je n’ai pas pris le dernier morceau de gâteau dans le frigo”. Posez-vous toujours la question: a-t-on répondu à la question?

Un classique est lors de la comparution du président Bill Clinton dans l’affaire Monica Lewinsky. Clinton avait alors affirmé sous serment “I did not have sexual relations with that woman, Miss Lewinsky“. Il y avait eu alors tout un débat sur la définition exacte de “sexual relations”. Clinton semblait alors avoir une définition divergente de la majorité, ce qui lui a permis de faire cette affirmation sous serment, et de ne pas se parjurer. Selon lui, donc, il n’a pas menti.
Il faut par contre réaliser que certains sont vraiment de bons menteurs, et peuvent répondre “Non je n’ai pas pris le dernier morceau” même s’ils l’ont pris. Il ne faut donc pas conclure automatiquement que si la déclaration semble véridique, elle l’est. C’est une pièce du puzzle. Mais si vous commencez à bien écoutez les affirmations des autres, vous verrez que souvent, elles cachent quelque chose. Un quelque chose que la personne ne désire pas vous dévoiler.








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